Combien de fois avez-vous terminé une journée épuisé(e), sans savoir comment vous y êtes arrivé(e) ? Vous avez peut-être répondu à des dizaines d’e-mails, participé à trois réunions et déplacé des fichiers… mais ce projet urgent reste toujours en attente.
C’est là que la priorisation en gestion du temps entre en jeu. Ce n’est pas juste une compétence – c’est un superpouvoir. Et si je vous disais qu’il est possible de migrer progressivement vers une façon plus efficace de travailler, même en changeant régulièrement d’outils ou de plateformes ?

La priorisation, ce n’est pas ranger sa liste de tâches
Beaucoup confondent prioriser avec « faire plus en moins de temps ». Non ! C’est plutôt choisir intelligemment quoi faire en premier, selon l’impact concret sur vos objectifs.
Prenons un exemple : imaginez que vous prépariez un grand événement tout en gérant votre quotidien professionnel. Si vous passez deux heures à trier des e-mails sans importance au lieu de valider le lieu de l’événement avec votre fournisseur clé, vous risquez de perdre beaucoup plus tard.
Mais concrètement, pourquoi est-ce si difficile de différencier ce qui est urgent de ce qui est important ? Notre cerveau est programmé pour réagir face à l’urgence. L’e-mail qui arrive avec un “[URGENT]” attire notre attention immédiate, alors même que réfléchir à long terme nécessite effort conscient. Cette tendance naturelle est amplifiée par le fait que les résultats d’une bonne priorisation sont différés, tandis que l’urgence donne une sensation immédiate de productivité.
« La vraie productivité commence quand on arrête de tout faire et qu’on commence à faire ce qui compte vraiment. »
Changer de méthode = changement de paradigme
Lorsqu’on parle de migration d’outil — passer de Post-it à Trello, de Google Agenda à Notion, etc. — on pense souvent aux fonctionnalités. Mais ce qu’on oublie souvent, c’est que chaque outil reflète une philosophie différente de gestion du temps.
Vous pouvez avoir le meilleur logiciel au monde, si vous ne savez pas comment structurer votre journée autour d’une logique de priorité, vous tournez en rond. Alors comment réussir cette bascule mentale ?
Étape 1 : Prenez conscience de votre manière actuelle de gérer le temps
- Notez pendant une semaine vos principales activités quotidiennes
- Soulignez les moments où vous sentez que votre temps est mal utilisé
- Annotez les distractions fréquentes (notifications, collègues, idées spontanées)
- Identifiez les moments où vous basculez entre plusieurs contextes (multitasking involontaire)
- Mesurez combien de temps vous perdez entre deux tâches (switching cost)
Cette étape n’est pas là pour vous culpabiliser, mais pour observer votre réalité.
Et croisez ces données avec celles-ci :
Étape 2 : Identifiez vos 3 priorités quotidiennes non-négociables
Non-négociables veut dire quoi ? Des actions dont le report affecterait directement vos résultats à court/moyen terme. Pas besoin de liste de 20 items – trois suffisent.
- Une tâche stratégique (ex : avancer sur un dossier important)
- Une maintenance nécessaire (ex : répondre aux e-mails critiques)
- Un investissement futur (ex : formation personnelle)
Pour illustrer cela, prenons l’exemple de Sarah, responsable marketing dans une PME. Ses 3 priorités quotidiennes sont : finaliser le brief pour la campagne mensuelle, traiter les retours clients critiques, et suivre une formation en SEO pour optimiser ses futures stratégies.
Ou encore celui de Thomas, développeur freelance, qui fixe chaque matin ses priorités ainsi : terminer un module technique clé pour un client urgent, répondre aux questions bloquantes de ses coéquipiers, et consacrer du temps à son apprentissage en langage Rust.
Enfin, Marine, coach professionnelle, met en place ces trois priorités : planifier sa session client du jour, envoyer les contenus préparatoires pour ses ateliers, et créer un contenu éducatif gratuit pour nourrir son audience.
Le principe ici repose sur la loi de Pareto : environ 20 % de nos efforts produisent 80 % des résultats. Identifier ces 20 % permet d’orienter toute votre énergie vers ce qui compte vraiment.

Étape 3 : Choisissez un outil adapté à vos nouveaux repères
Ici, il ne s’agit pas de suivre la mode ni de tomber dans le piège du “tool-hopping” (changement constant d’outils). Il faut simplement vous demander :
Quel support va me permettre de visualiser clairement mes 3 priorités chaque matin ?
Certains préfèrent une application simple comme Todoist ou Things. D’autres optent pour quelque chose de plus flexible comme Notion. L’essentiel, c’est que cet outil soutienne votre nouvelle approche centrée sur l’urgence ET l’importance.
Attention néanmoins : un outil trop complexe peut générer de la friction et nuire à la continuité. Pour maximiser l’efficacité, adaptez sa configuration à votre routine unique. Par exemple, si vous utilisez un Kanban, créez une colonne spécialement pour vos 3 priorités non-négociables, afin de toujours les garder sous les yeux.
Migrer, c’est aussi apprendre à dire NON
Si vous n’avez pas encore intégré cela, voici la clé secrète : prioriser signifie dire OUI à certaines choses… et donc implicitement NON à d’autres.
Cette capacité-là demande de la pratique. Elle exige aussi de revoir votre rapport à l’urgence. Parce que oui, tous les mails ne méritent pas une réponse immédiate.
Trucs & astuces pour mieux dire NON
- Faites la différence entre urgence et importance. Une urgence vous tire vers l’avant ; une tâche importante vous emmène vers l’avant.
- Définissez vos heures de pointe : quand êtes-vous le plus efficace ? Concentrez-vous alors sur les tâches prioritaires.
- Bloquez du temps vide entre deux tâches importantes pour éviter les interruptions automatiques.
- Utilisez des formules polies mais fermes comme “Je note cela, je reviens vers vous demain” ou “Pour garantir la qualité, je vais traiter cela mardi”.
- Automatisez certains refus via des signatures d’e-mails ou des réponses préréglées pour les requêtes récurrentes sans impact.
Parfois, dire NON, c’est aussi dire OUI à votre bien-être mental.
Comment s’adapter quand on change de plateforme ?
Vous venez de découvrir un nouvel outil, ou votre entreprise impose un nouveau système ? Ce changement peut sembler stressant… mais c’est aussi une opportunité.
Ne migrez pas tout en même temps
Vous risquez de vous noyer. Commencez par recréer vos 3 priorités quotidiennes dans le nouvel environnement.
Transférez uniquement ce qui est essentiel
Tout ce qui traîne depuis six mois dans l’ancien outil peut rester là. Inutile de tout rapatrier. C’est libérateur de laisser partir certains contenus.
Ajustez progressivement
Ne cherchez pas à reproduire exactement ce que vous faisiez avant. Adaptez, expérimentez. Le passage entre outils est aussi une chance de repenser votre méthode.
Adoptez une stratégie progressive
Voici une méthode éprouvée pour minimiser la confusion :
- Gardez l’ancien outil visible pendant 2 semaines maximum comme référence
- Intégrez le nouveau système en parallèle avec une utilisation limitée (ex : uniquement pour les nouvelles tâches)
- Augmentez progressivement l’utilisation jusqu’à la transition complète
- Fixez une date limite pour couper définitivement l’accès à l’ancien outil
Préparez-vous mentalement
La transition induit souvent un sentiment de perte de contrôle, particulièrement chez les personnes habituées à leurs routines. Pour y remédier :
- Impliquez-vous activement dans l’apprentissage des nouvelles fonctions
- Soyez indulgent(e) avec vous-même durant la période d’adaptation
- Reconnaissez les avantages du nouvel outil dès les premiers jours

Et si on parlait maintenant de discipline versus motivation ?
Il faut être honnête : la priorisation, ça ne marche pas sans routine. Et la routine, elle vient de la discipline, pas uniquement de la motivation du moment.
Imaginez : vous avez décidé de consacrer tous les matins à vos tâches prioritaires. Super idée. Sauf que le troisième jour, votre portable sonne pour une conversation urgente. Sans structure mentale solide, vous cédez facilement.
Alors, comment construire cette résistance ?
- Mettez en place un rituel matinal dédié à la mise à jour de vos priorités
- Protégez vos créneaux en désactivant temporairement les notifications
- Récompensez-vous après chaque bloc accompli, même petit
- Créez un environnement propice à la concentration (lumière, position assise, absence de stimuli visuels)
- Utilisez une méthode comme la technique du “commitment device” : engagez-vous publiquement ou envers quelqu’un d’autre pour renforcer votre engagement
Avec le temps, cette discipline devient naturelle. Et cette habitude transforme littéralement votre rapport au travail.
Contraste entre discipline et motivation
| Discipline | Motivation |
|---|---|
| Consistante, indépendante de l’humeur | Fluctuante, dépendante des circonstances |
| Basée sur la routine et la structure | Basée sur l’enthousiasme émotionnel |
| Produit des résultats stables | Peut mener à l’épuisement rapide |
Apprendre seul, oui – mais avec les bons supports
Être autonome, ce n’est pas tout faire seul. Cela signifie surtout savoir trouver les ressources adaptées à votre style d’apprentissage.
Heureusement, aujourd’hui, il existe des formations accessibles et modulables qui accompagnent chacun à son rythme. Comme celle-ci :
Priorisation en Gestion du Temps
Qui dit auto-apprentissage, dit aussi expérimentation. Essayez différentes méthodes : Eisenhower, Ivy Lee, Pomodoro… trouvez celle qui colle à vos besoins.
Guide comparatif pour choisir votre méthode favorite :
- Eisenhower Matrix: Idéal pour séparer urgent/importance – convient aux managers
- Méthode Ivy Lee: 6 tâches par jour, numérotées – excellente pour ceux qui ont tendance à surcharger leur liste
- Pomodoro Technique: 25 min focus + pause – très utile contre le multitasking
- Time Blocking: Planifier des blocs fixes dans l’agenda – parfait pour les freelances avec multiples clients
- MATRICE ABCDE: Classer les tâches par impact – particulièrement efficace pour les entrepreneurs
Conseils avancés d’utilisation :
- Combine la technique Pomodoro avec la matrice ABCDE pour améliorer l’évaluation de l’impact
- Appliquez la règle des 2 minutes : si une tâche prend moins de 2 minutes, faites-la immédiatement
- Utilisez le principe d’inversion : identifiez ce qui pourrait saboter vos priorités, puis agissez pour le neutraliser
Un dernier conseil pour finir ? Soyez réaliste
On rêve souvent d’une organisation parfaite. Mais soyons clairs : personne n’a une vie entièrement maîtrisée. Ce qui compte vraiment, c’est progresser, jour après jour.
Et ce progrès commence toujours par UNE seule chose faite avec intention.
🎯 À vous maintenant : quelle sera votre première action concrète aujourd’hui ?
- Prendre 5 minutes pour définir vos 3 priorités du jour ?
- Tester une nouvelle méthode de planification demain matin ?
- Ou simplement vous autoriser à dire NON à une distraction aujourd’hui ?
- Lancer une session de reflexive hebdomadaire sur ce qui a bien marché / moins bien cette semaine ?
- Commencer un mini-journal quotidien de 3 lignes sur vos succès en matière de priorisation ?
Choisissez une seule. Puis recommencez demain. Le changement ne vient pas d’un grand geste, mais de petits ajustements constants.
À vous de jouer !



